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Les psychanalystes savent que l’on signifie toujours plus que ce que l’on dit . Il en va de même pour leurs sites qui recèlent d’autres informations que celles qui sont mises en ligne. La date à laquelle les différentes associations de psychanalyse vient à l’Internet, le nom qu’elles se donnent à cette occasion sont un premier niveau d’analyse. Un autre est constitué par la structure même des sites. J’ai utilisé un outil de visualisation, écrit par Marcel Salathé.
Voir se déployer les graphes est déjà en soi un spectacle : l’information est une forme d’esthétisme. Certaines images évoquent des chaines ganglionnaires, d’autres frappent par leur symétrie, d’autres encore sont d’une grande simplicité. Ensuite, il est possible de comparer les différentes visualisations obtenues avec le site de la première institution psychanalytique, l’IPA, et entre les institutions françaises. Vingt et une associations ont été choisies : la Société psychanalytique de Paris,l’Association psychanalytique de France, le Quatrième groupe, l’Ecole de la cause freudienne, l’Association lacanienne internationale, le Cercle freudien, la Fédération des ateliers de psychanalyse, les Cartels constituant de l’analyse freudienne, l’Ecole freudienne, l’Ecole lacanienne de psychanalyse, la Fondation européenne pour la psychanalyse, Analyse freudienne, l’Ecole de psychanalyse Sigmund Freud, Espace analytique, la Société de psychanalyse freudienne, l’Ecole de psychanalyse des Forums du Champ lacanien, La lettre lacanienne, et la Société psychanalytique de recherche et de formation.
JALONS POUR UNE HISTOIRE DE LA PSYCHANALYSE SUR L’INTERNET FRANCOPHONE*
Par Yann LEROUX
/Share what you know. /Learn what you don’t./
Il me semble important de poser quelques jalons qui faciliteront les recherches ultérieures sur l’histoire de la psychanalyse sur l’Internet francophone. Internet est en effet un milieu curieux : l’information y fourmille, elle est disponible -- pour qui sait la chercher -- et semble pouvoir être disponible éternellement. Il n’en est rien. Certains sites ont déjà disparu sans laisser de traces. Et compter sur les mémoires individuelles est difficile. D’une part, parce que déjà les souvenirs se brouillent, d’autre part parce l’Internet est le lieu de l’écrit, et qu’aucune transmission orale n’a été assurée, et enfin parce que les internautes prennent rapidement de déléguer au réseau une partie de leur fonctionnement psychique : pourquoi se souvenir, dès lors que tout, du plus futile au plus important, est archivé sur le site ou la liste de diffusion ? Mais parfois les archives électroniques disparaissent. Reste donc le travail de mémoire. Il est par ailleurs d’autant plus temps de le faire que les choses se complexifient devient difficile d’englober d’un seul regard l’ensemble du paysage psychanalytique francophone sur le net.
La psychanalyse sur le Web est d’abord histoire d’initiatives personnelles. Pendant des années, il est question de psychanalyse sur des listes de diffusion ou des sites Internet Les insitututions viennent tardivement, et pendant des années ce sont des individus qui ont, passionnément, porté la question freudienne sur l’Internet. Il faut reconnaître là aux lacaniens un dynamisme particulier. En 1999, un gros tiers des sites francophones référencés par DESGROSEILLERS sont tenus par des lacaniens, et sont, dans leur grande majorité, des pages personnelles. Ce sont eux qui, principalement conquièrent et déchiffrent ces nouvelles terres. Les institutions, lorsqu’elles s’implanteront sur le net, auront une attitude mitigée vis-à-vis des premiers arrivants. D’une part, pour certaines, elles bénéficieront de l’expertise qu’auront accumulé certains de leurs membres. D’autre part, elles auront une attitude coloniale, c’est-à-dire qu’elles feront peu cas de ceux qui les ont précédé et de leur culture. Ainsi, par exemple, les sites institutionnels feront peu de place dans les rubriques « liens » aux sites personnels. Et, plus grave, elles ne s’imprégneront pas de la culture et des idéaux de l’Internet.
Longtemps après les initiatives personnelles, les institutions arrivent sur le net. A la joie toute enfantine des individus qui investissent ce nouvel espace de jeu qu’est l’Internet en échangeant principalement sur les listes de diffusion s’oppose la lenteur et la prudence des associations sur le web. Pour elles, il s’agit avant tout de se présenter. Les sites web sont autant de vitrines dans lesquelles elles y racontent leur histoire et y présentent leurs organes. Dans ce nouveau lieu, c’est d’abord pour chacune l’occasion d’y réassurer le roman de ses origines. Toutes, donc, s’y donnent une filiation en accord avec leur ancêtre fondateur. C’est aussi l’occasion d’y réaffirmer ses alliances : la rubrique « lien » est là tout à fait exemplaire très rares sont les institutions qui s’avouent des liens avec « l’autre coté ».
Pourtant, dans les toutes premières versions du site de l’IPA, on trouvait un lien vers le très lacanien psychonet.com de Michel Sauval. Il faut dire que dans l’Internet naissant, le rêve des fondateurs était encore vibrant : une information libre et disponible pour le plus grand nombre et à laquelle chacun peut contribuer. A l’époque, l’échange de bannières et de liens de site à site était la règle. Autour de chaque site, une vie communautaire en ligne a commencé a se développée, encourageant l’invention de nouveaux dispositifs qui à leur tour renforçaient le sentiment d’être dans un groupe. C’est ainsi que l’on est passé de la communauté des sites avec les /webrings /à la communauté des individus, avec les forums, les dispositifs de messagerie instantanée, les comptes personnels etc. Il est devenu maintenant usuel que les webmestre permettent à tout internaute de commenter le contenu du site.
Sauf pour les sites des associations de psychanalyse... Sur le domaine francophone, il n’y a guère que l’Ecole Lacanienne de Psychanalyse qui propose un forum. Pourtant, l’IPA, qui n’a pas la réputation d’être une institution fantaisiste, avait pratiquement dès le début mis en ligne un forum de discussion. En France, les choses sont allées autrement. D’une part, me semble t-il, du fait de préjugés théoriques sur ce qui a été fort malencontreusement appelé « le virtuel » : tout ce qui se produirait sur la toile serait « parole vide » et il y aurait à tirer des forums plus d’inconvénients que d’avantages. D’autre part, du fait de la méconnaissance de la vie participative de l’Internet. Les institutions psychanalytiques ont ainsi tourné le dos à d’énormes gisements de connaissances en ne se donnant pas les moyens, par exemple, de faire des connexions en ligne avec d’autres disciplines, ou encore d’inventer d’autres utilisations des dispositifs existants. Il serait ainsi, par exemple, très facile d’entamer des dialogues avec d’autres disciplines ou encore d’ouvrir des forums pour un temps limité à un invité qui répondrait aux questions des internautes. Enfin, on ne peut que s’étonner qu’une discipline qui fasse si grand cas de la parole, ait tant de mal à la donner à ses visiteurs qui au pire critiqueront ce qui leur est donné à lire.
Est-ce si gênant ?
Les institutions ont investi l’Internet en tentant d’y apporter leurs règles, ce qui, bien évidement, n’est pas sans poser problèmes. Par exemple, le contenu éditorial d’un site est souvent contrôlé par un organe de l’association, ce qui fait que la souplesse d’exécution, si cruciale sur Internet, est tout simplement empêchée, car s’il faut dix secondes pour mettre en ligne un article, il faudra des mois pour que la commission ad hoc se réunisse, et, la chance aidant, qu’elle prenne une décision. Le contenu mis en ligne est encore trop pauvre, le plus souvent du fait de problèmes de droits -- et donc d’argent -- et les sites servent encore trop souvent de vitrines aux différentes revues.
Un mot encore : certaines associations n’ont pas de site, d’autres viennent tout juste d’en avoir. Je pense à la Société Psychanalytique de Recherche et de Formation qui a presque immédiatement mis en ligne un site quelques mois après sa création ou à Dimension Psychanalytique qui vient d’avoir une liste de diffusion à son nom créée et hébergée par lutecium.com. D’autres, comme Le coût freudien, l’Association de Psychanalyse Jacques Lacan ou Errata manquent encore au Web
[Une archéologie du temps présent]
La première mention à la psychanalyse sur le réseau date du 10 Mai 1989. Elle est amenée par Richard SHAPIRO sur le groupe rec.arts.sf-lovers [1] <#_ftn1 où, entre une discussion sur Chtulu et La planète des singes, on polémique à propos d’un article publié dans un journal mormon. C’est l’occasion pour les uns de se moquer du post-structuralisme, et pour les autres de le soutenir. On retrouve la psychanalyse quelques mois plus tard, le 24 octobre, sur le groupe rec.arts.books dans lequel un francophone s’aventure pour demander le titre original du livre de Bruno BETTELHEIM : psychanalyse des contes de fée.
Il faut s’arrêter un moment sur ces groupes de discussion, ces /netnews/, car ils constituent la colonne vertébrale de l’Internet naissant, et aujourd’hui encore, sous leur forme originaire ou dans des versions exportées sur le web, ils constituent la part la plus importante du réseau.
En 1969, un premier réseau se met en place via le protocole NCP. Il relie quatre centres universitaires : l’UCLA (Université de Californie, Los Angeles), le SRI (Standford Research Insitute, Standford), l’USCB (Université de Californie, Santa Barbara) et l’Université d’Utah (Utah). Le 7 avril 1969, S. CROCKER publie la première RFC (« Host software »). Ce sera la date officielle de la naissance d’Internet.
L’implantation du réseau au coeur du monde universitaire permet de le sortir d’une utilisation purement militaire. En 1971, ARPANET compte 15 noeuds et 23 machines. Elles sont cinquante en 1972. et en juillet 1975, ARPANET est livré à l’armée comme étant un réseau opérationnel. Dans les faits, il est fréquenté par un nombre sans cesse croissant de civils, qui utilisent le réseau pour leurs recherches universitaires mais également pour rester en contact avec d’anciens collègues, poursuivre une discussion de façon plus détendue que pendant un cours ou un séminaire ou tout simplement se raconter la dernière blague à la mode.
Donnons rapidement quelques repères chronologiques. En 1969, quatre universités américaines (UCLA L.A. ; SRI Stanford ; USCB Santa Barbara ; Utah University Cedar City) sont interconnectées et forment le réseau ARPANet. En 1972, un étudiant, Ray TOMLINSON, invente une application qui se répandra comme une trainée de poudre : le mail. A partir de là, les choses vont très vite. En 1975, les premières mailing-lists sont créées. Ce sont des groupes dans lesquels un mèl posté sur l’adresse de la liste est ensuite diffusé à tous les membres de la liste. En 1974, Vinton CERF et Bob KHAN parlent pour la première fois d’un « Internet ». A la fin de l’année 1979, Jim ELLIS et Tom TRUSCOTT, deux étudiants en sciences informatiques de Duke University, rêvent d’un réseau qui déborderait des limites de l’ARPANet. Un troisième étudiant, Steve BELLOVIN, de la University of North Carolina, écrira le programme : c’est la naissance de USENET, c’est-à-dire *USE*r’s *NET*work (le réseau de l’utilisateur). Le réseau croît rapidement. Il compte en 1986 sept hiérarchies et plus de dix mille groupe.
Chaque hiérarchie (par ex. misc [divers]) compte plusieurs groupes (par ex. misc.sports ; misc.sports.basketball ; misc.sports.football) et un groupe peut réunir plusieurs centaines de personnes. L’aventure de ce réseau, qui a ses moments historiques (Great Remaning, the Cabal...), ses figures, son jargon, ses rites mérite un traitement a part.
Sur le web, il faudra attendre 1992-1993 et René DESGROSEILLERS pour voir un contenu concernant la psychanalyse sur le domaine francophone. Le réseau a encore son coté universitaire et scientifique et il est très rudimentaire. Psychanalyste et membre de la Société Psychanalytique de Montréal, DESGROSEILLERS dispose des notes de divers séminaires qu’il a donné, notamment sur les courants psychanalytiques. Il est par ailleurs intéressé par le fonctionnement du web et décide de mettre ce contenu en ligne. L’époque est aux modems 14.4 K, le navigateur en vogue s’appelle Mosaic -- il deviendra ensuite Netscape -, et WWW veut aussi dire Wait... Wait... Wait... Les échos qu’il reçoit par mail l’encouragent à continuer et a construire ce qui va devenir le site de référence sur la psychanalyse. Les pages de La psychanalyse sont souvent citées sur le Web, et les encyclopédies en ligne y font directement référence.
Il faut bien se représenter que les débuts du web datent de 1991. Deux ans auparavant, Tim BERNAYS LEE, du CERN de Genève, avait proposé l’idée d’un espace hypertexte c’est-à-dire de un lieu ou les chercheurs de différents sites pourraient organiser et mutualiser l’information[2] <#_ftn2. Le téléchargement d’un document à partir d’un site distant et l’utilisation de l’hypertexte sur une même machine étaient connus. Le génie de Tim BERNAYS LEE a été de fusionner ces deux possibilités pour donner corps à son rêve d’universalité : un espace commun où l’on communique en partageant de l’information, sans se soucier de la forme ou de la localisation du document. [3] <#_ftn3 En ces temps précocissimes, le réseau était pris par une sorte de tentation de Babel : les langages, les machines, les protocoles, la résolution des écrans... tout allait vers une différenciation anarchique. Sur USENET, la babélisation avait été stoppée par la prise en main du développement du réseau par quelques administrateurs. L’épisode est connu sous le nom de /backbone cabal, /c’est-à-dire que la solution trouvée avait été l’édification et le développement du réseau autour de l’image d’une épine dorsale, ce qui l’avait doté d’un centre névralgique, à défendre ou à attaquer, et d’une organisation verticale : les groupes ont une hiérarchie et sont emboîtés les uns dans les autres[4] <#_ftn4. Le modèle de référence est celui de l’arbre. Au CERN, la quantité de rapports, de données d’expériences, de documentation sur les expériences en cours et passées rendent les recherches de plus en plus complexes et ce d’autant plus qu’il n’est pas rare de devoir lancer des requêtes différentes sur différentes machines avec pour chaque machine une interface différente. L’organisation horizontale est parfaite pour organiser l’information mais pose des problèmes pour la retrouver car il faut souvent remonter la hiérarchie pour explorer d’autres branches. A l’arbre, Tim BERNAYS LEE va substituer la toile, c’est-à-dire un espace organisé autour du monde de l’horizontalité. Passer de la verticalité à l’horizontalité, c’est passer ici passer d’un espace de l’emboîtement à celui de l’horizon, de la logique du chargement vers soi au mouvement vers le dehors avec cette navigation immobile qui caractérise le web, d’un espace croisé par le temps, à un espace ou le temps
Le rêve de Tim BERNAYS LEE déborde rapidement le CERN. En août 1991, il annonce sur USENET « the www project »[5] <#_ftn5. En Octobre, deux listes de diffusion, www-talk at info.cern.ch et www-interest, sont crées pour débattre du 3W : le protocole (http), le langage (HTML) et les navigateurs y sont là inventés en commun. Un an plus tard, il y a 26 serveurs http « raisonnablement fiables », et Jean Armour POULLY invente l’expression « surfing the internet » pour décrire les voyages électroniques qui lui permettent de sauter les océans et les continents tout en restant chez elle. En 1996, il seront 16 millions de surfeurs.
Parmi eux, le docteur Jean-Marie THURIN. En mai 1996, il met en ligne sur un serveur de l’INSERM, et niché dans le nom de domaine psydoc.fr quelques pages web dédiée l’Ecole de Psychosomatique. La même année H. KREUTZEN aura plus de succès. La même année, il crée une liste de diffusion qu’il appelle « Psychanalyse et Internet » mais son adresse, lacan-list at linkline.be et le contenu des discussions feront qu’elle sera appelée « la Lacan-list »
Une liste de diffusion est à la fois une « méthode de diffusion d’informations, dans laquelle les abonnés de la liste peuvent envoyer des messages qui seront diffusés aux autres » [6] <#_ftn6 et le groupe de personnes qui s’échangent ces messages. Le groupe peut être ouvert ou fermé, les messages peuvent être modérés -- c’est-à-dire qu’ils sont approuvé par un modérateur avant d’être diffusés -- ou non, les archives peuvent être publiques ou non ; ces différentes possibilités donnent a chaque liste, en fonction de son histoire, une résonance groupale particulière.
H. KREUTZEN avait crée cette liste en lui donnant comme objet de mieux comprendre les phénomènes qui s’observent banalement dans les espaces de discussion sur Internet. Autant il est facile de les créer, autant il est difficile de maintenir une parole ouverte sur l’altérité, et rapidement les débats s’enflamment.
Cela est à tel point qu’une loi dite loi de Godwin, stipule que plus un sujet de discussion s’éternise, plus la probabilité d’une comparaison avec le nazisme ou aux camps de concentration[7] <#_ftn7. Ironiquement, c’est du fait même de ces phénomènes que la lacan-list sera dissoute. Mais auparavant, elle restera longtemps le seul espace de discussion dédié spécifiquement à la psychanalyse. D’abord anglo-française, la liste deviendra, au fil du développement de l’Internet en Europe, deviendra exclusivement francophone. Elle s’adosse en 1998 à un site, Lacan Freud Psychanalyse qui propose un index référentiel du Séminaire de Lacan qui fera les délices des habitués de la Lacan-list. L’index trouvera un éditeur en 2000, et sera supprimé du site. Un espace « Poubellication » reçoit les contributions de différents auteurs parmi lesquels on trouve Henri KREUTZEN lui-même, Jean-Louis BLAQUIER et Guillermo RUBIO.
C’est dire à la fois dans quelle boite sont pris les outils conceptuels pour comprendre ce qui se passe sur Internet, mais également la grande ambivalence des analystes quant à la valeur à accorder à cette sorte d’ « oralité écrite »[8] <#_ftn8 que l’on retrouve sur le net. Vite écrits, vite envoyés, parfois vite pensé, le mail est comparé aux écrits papier auxquels ils sont habitués et l’avis général est plutôt que ce qui se dit -- mais est-ce là une parole ?, se demande t-on parfois -- ne vaut pas grand-chose. Embarrassé dès qu’il s’agit de penser la dynamique groupale, les lacaniens ne réussiront pas à l’objectif que s’était donné le fondateur : expliciter, théoriser, comprendre les phénomènes de « /flame wars/ » c’est-à-dire l’inflammation endémique du groupe ou d’une partie du groupe en discussions vaines et stériles ou l’irruption de trolls c’est-à-dire de personnes dont le but est de provoquer ces discussions/. /
Henri KREUTZEN quitte la Lacan-list et la Belgique en 2001 pour s’installer au Brésil ; il demande à un des premiers abonnés, Jos TONTLINGER, psychanalyste, de bien vouloir prendre la relève. Jos TONLINGER est sur le net depuis 1995 et a noué avec le fondateur de la lacan-list des contacts personnels. En Juin 2001, Linkline, l’hébergeur de la lacan-list est racheté par Tiscali. Lors du transfert, la liste et ses archives sont détruites. Jos TONLINGER, avec l’accord d’H. KREUTZEN, continue l’aventure de lacan-list chez Wanadoo le 27 Juin 2001. La lacan-list 2, comme les abonnés prennent l’habitude de l’appeler, s’achèvera en Janvier 2002.
C’est avec la théorisation de J. LACAN sur la lettre, la parole, RSI, ..... que l’on tente alors de comprendre ce qui se passe sur Internet, avec une curieuse tendance à compter pour rien ce qui peut s’écrire : poubellication, parole vide, imaginaire (dans un sens défavorable) sont les termes qui reviennent le plus souvent dès lors que l’on s’interroge sur ce qui se passe sur Internet
En Juillet 1996 Sylvain MISSONIER avait porté sur le web la revue Le carnet/PSY. C’est Serge LEBOVICI qui en écrit le premier billet d’humeur. La revue, née en 1994, a donc très rapidement été adossée à un site Internet, appelé « à en devenir la mémoire vivante et pragmatique »[9] <#_ftn9. La version /online /de la revue est dotée d’un forum conçu comme « agora » où chacun peut déposer ses avis, ses bonnes adresses, son agenda de manifestations ou encore commander des numéros de la revue papier. Un dossier sur « l’/Internet addiction/ » est ouvert, ainsi qu’un débat sur l’exposition Freud à Washington.
En 1998, Sylvain MISSONIER s’interroge : que peut-on attendre du Web, qui se donne à la fois comme figure du pire (pédophilie, nazisme...) et du meilleur (communication facilitée, savoir disponible...) et reprend l’histoire de l’Internet comme émanant de l’U.S. Air Force
En 1957, après l’humiliation de Spoutnik, les américains créent au sein du /Departement of Defence /l’ARPA : Advanced Research Projects Agency, afin de s’assurer une supériorité technique et scientifique. C’est au docteur J.C.R LICKLIDER, nommé à la tête de l’ARPA en octobre 1962 que l’on doit la vision d’un « réseau galactique » permettant à toute personne d’avoir accès à l’information ou qu’elle se trouve [10] <#_ftn10 et d’avoir ouvert l’ARPA à la coopération universitaire. La première connexion entre deux ordinateurs utilisant la technologie de transfert par paquets date de 1965, et deux années plus tard, le chef du projet de réseau informatique a l’ARPA, Lawrence G. ROBERT présente ses « Plans pour le réseau ARPANET » au cours d’une conférence qui verra également Paul BARAN, de la RAND (*R*esearch *AN*d *D*eveloppement) présenter un papier sur l’utilisation d’un réseau à communication de paquets pour transmission sécurisée de la voix, même en cas de destruction partielle du réseau suite à une guerre nucléaire. Les chercheurs de la RAND et de l’ARPA s’ignoraient mutuellement, et c’est sans doute de la conférence de Paul BARAND que vient l’idée que l’Internet est né du désir du gouvernement américain de se doter d’un réseau résistant à une guerre nucléaire.
Pour ma part, non sans ignorer qu’a cette époque, le simple fait de dire que l’on travaillait à quelque chose qui résiste aux bombes, forcément nucléaires, et forcément soviétiques, faisait affluer les subventions de recherche, j’y vois également un écho d’un fantasme groupal qui dit la fragilité des débuts et les « mauvaises » origines
L’appel que prend Sylvain MISSONIER sur D. ANZIEU : /Créer, détruire/ me semble tout à fait bienvenu tant il est évident qu’Internet, nous invite, une fois encore, à cette alternative : l’invention de nouvelles modalité d’être aux autres et à soi-même qui peuvent ouvrir à de la création ; leur utilisation à des fins de destruction
Carnet/PSY innove. Traditionnellement, lors de leur passage en ligne, les revues se sont assez frileuses. C’est ainsi qu’en 1995, la vénérable /American Imago/, créée par S. FREUD et H. SACHS en 1939 n’avait mis en ligne que l’éditorial des numéros publiés ainsi qu’un résumé des textes publiés depuis janvier 1995. L’/International Journal of psycho-analysis /fera de même en Décembre 1996 mais en proposant, parfois, l’accès à certains articles.
En 1997, Geneviève LOMBARD, analyste du Quatrième Groupe, entre en contact avec DESGROSEILLERS après avoir lu ce qu’il avait écrit sur l’Analyse Quatrième sur son site. La discussion débouche sur une l’idée que /La psychanalyse/ pourrait accueillir un texte de Jean-Paul VALABREGA sur l’Analyse Quatrième. Ce dernier accepte, et donne en prime une photo de lui. Par la suite, Geneviève LOMBARD écrira pour /La psychanalyse/ un texte qui retrace les tout début de la psychanalyse en France : « Hesnard et l’école psychanalytique de Bordeaux ». Cette rencontre est un des fils qui donneront naissance au site du Quatrième Groupe.
Le Musée Sigmund Freud de Vienne met en ligne une biographie succincte de S. FREUD et quelques informations utiles pour accéder au musée. En mars, la revue Les carnets de psychanalyse propose en ligne les sommaires des numéros publiés depuis 1991, date de création de la revue. Sur le même site, l’association Errata, crée en 1983 après le big bang de la dissolution de l’Ecole Freudienne de Paris, est présentée.
A l’été 1997, je propose la création d’un groupe de discussion sur USENET dédié à la psychanalyse. C’est la première fois que le mot est utilisé, et si l’idée est accueillie plutôt favorablement, le groupe ne sera pas crée. Contrairement aux listes de diffusion ou le désir d’un seul suffit, sur USENET, la création d’un nouveau groupe passe par une succession de procédures. Des Appels à Discussion (AAD) doivent être diffusés dans plusieurs groupes et une discussion sur le groupe à créer s’engage dans un groupe (FUAD -- fr.usenet.annonces.discussions). Un Appel à Voter est ensuite lancé et, selon les résultats du vote, le nouveau groupe est crée ou non. Ces procédures sont l’occasion de guerres picrocholines, amusantes ou éreintantes, selon le point de vue ou l’on se place, et le groupe ou elles ont lieu (fufe) donnera naissance a quelques perles typiquement usenetiennes : « fufer » signifie argumenter pour le plaisir de l’argumentation, « capilotracté » parle de lui-même etc.
Cela m’amènera à abandonner l’Appel à Discussion en cours et, pendant un temps, sur USENET, les questions de psychanalyse seront débattues sur le groupe dédié à la philosophie. Chez Multimania, qui offre des hébergements gratuits aux sites personnels, je crée en 1998 un site dédié à l’histoire de la psychanalyse. On y trouve les grandes lignes : la période pré-analytique avec les hypnotiseurs comme Braid, Mesmer, l’Abbé Faria..., la préhistoire de la psychanalyse : « j’arrivais le soir ... » « Je ne crois plus à ma neurotica », puis le développement de la psychanalyse. Une part est réservée à la situation française et ses aventures institutionnelle et une autre présente les filiations psychanalytiques depuis FREUD. On y trouve également la biobliographie compléte de S. FREUD établie par O. HUSSON pour la réédition de l’ouvrage de H. F. ELLENBERGER et augmentée par Y. DIENER dans le cadre d’un enseignement à l’Université de Paris-X Nanterre. Le site évoluera assez rapidement pour ne garder que la trame de l’histoire de la psychanalyse. Il changera d’hébergeur à plusieurs reprises (multimania.fr, levillage.org, free.fr ). Il s’est trouvé depuis début 2006, un nom de domaine filiationspsychanalytiques.net[11] <#_ftn11 qui présente l’histoire de la psychanalyse année par année, et un dispositif (wikimedia) qui permet à tout le monde d’ajouter ou de corriger du contenu. Les filiations psychanalytiques apparaissent sous forme d’une carte généalogique qui permet, me semble-t-il, de repérer les mouvements de transmission ainsi que les legs abandonnés, qui gisent dans les théories analytiques.
La présente recherche me fait (re)découvrir un prédécesseur. En Mai 2001, DesGroseillers donne dans son carnet d’adresses un lien du site Espaces Lacan (Psychanalyse et Politique) qui pointe vers une page Filiations Psychanalytiques qui reprend différentes généalogies analytiques : Freud, Ferenczi, Jones... Le site propose en téléchargement quelques textes de Freud, de Lacan (dont des séances du Séminaire), un dossier Dissolution qui reprend des textes échangés au moment de la dissolution de l’Ecole de la Cause Freudienne, et bien évidement « quelques figures topologiques élémentaires ». Le site mis en ligne par Catherine ALCOULOUMBRE qui y présente également le travail de son séminaire qu’elle regroupe sous le nom d’/Etoffes, /et dans lequel elle tente d’explorer comment se trame la réalité. Le site est encore actif à l’adresse http://perso.wanadoo.fr/espace.freud/
En octobre 1997, Jean-Noël RADULESCO, médecin psychiatre et psychanalyste, ouvre un site chez Geocities. Durant l’été, un nouveau dispositif, ICQ, est apparu sur le net. Il permet de s’envoyer des « messages instantanés » ou d’ouvrir des sessions de chat dans lesquelles tout le monde écrire en même temps. La frappe, les effacements, sont visibles par tous au moment même ou l’on écrit. ICQ (« I seek you -- je t’ai cherché ») permet également de se montrer aux autres dans différents états : en ligne, occupé, ailleurs, ne pas dérangé. On peut également être /online/ et se montrer /offline /ce qui permet quelques jeux de cache cache.. C’est ce dispositif que Jean-Noël RADULESCO propose d’utiliser, et pour en faire la promotion il ouvrira plusieurs pages chez différents hébergeurs : altern.org, geocities.com, free.fr ou l’on peut retrouver « Le forum de la psychanalyse » depuis 2001. La page se clôt sur une série d’avertissements : « Ce site, réservé aux praticiens de la psychanalyse ne propose ni soins ni conseils en ligne. Il n’a pas non plus pour but de fournir des adresses de praticiens ou de thérapeutes. Il n’est affilié à aucune Ecole ni groupement de psychanalystes » que l’on retrouvera un peu partout ou des espaces de discussion dédiés a la psychanalyse seront ouverts. La prudence « ce n’est pas un cartel » est aussi caractéristique. Partout où des espaces de discussions seront ouvert, l’avertissement « ce n’est pas... » figurera à son frontispice, et la dénégation aura bien entendu comme effet que certains s’y précipiteront pour l’éprouver. La page web « le chatpsy » évoluera beaucoup avec le temps. Elle fera un moment partie d’un /webring/ de psychanalyse, hébergera un forum, une liste de diffusion pour finalement abandonner ICQ autour de 2004. Au printemps 1998, Jean-Noel RADULESCO crée alt.psychology.psychoanalysis après une courte discussion dans le forum alt.config ou il tente d’expliquer, en anglais, les spécificités de la psychanalyse. Il le fait dans la hiérarchie alt., ce qui ne le contraint pas à suivre les pénibles procédures de création de groupe (AAD, AAV etc.). Le nom du groupe : alt.psychology.psychoanalysis, et le texte qui l’introduit sont en anglais avec une traduction en français. Le groupe a pour objet « la pratique et la théorie selon les enseignements de Freud et de Lacan » et son créateur en attend des échanges entre praticiens de cultures et de pays différents. Un lien est donné avec une page web du chatpsy.
Cela dit bien à la fois le désir de quelques uns l’espoir d’échanges internationaux et locaux qu’a suscité Internet pour beaucoup d’entre nous et la difficulté, alors, à trouver suffisamment de francophones intéressés par la psychanalyse pour instituer une dynamique d’échanges. Dans ce contexte, la création cette même année 1998 de la liste de diffusion FrancoPsy annonce un début de changement. Il y a, dès le nom, une volonté de rassemblement autour de la langue française. Mais cette ouverture est limitée aux professionnels de la santé mentale. Est-ce cela, ou le fait qu’elle ait été mal référencée ? Toujours est il qu’elle ne connaîtra pas un grand succès. Elle marque, en tous cas, qu’il y a maintenant suffisamment de francophones sur le net pour parler de psychanalyse
L’association historique fondée par FREUD & FERENCZI arrive sur le web août 1997, date de création du nom de domaine. La première version du site est étique mais se développe rapidement et le compteur du site affiche crânement ses 33966 visites au début de l’année 1998. On trouve également à cette époque un /Appeal for Literature for Eastern Europe /du /East-European Subcommitte. /Le texte est traduit en français, et on peut y lire que les Groupes des pays de l’est manquent cruellement d’ouvrages de référence mais qu’il est impossible de leur faire parvenir « en toute sécurité ». La proposition de l’IPA est paradoxale car elle fait état de « l’excellent équipement électronique » des groupes de l’est et appelle dans le même temps à acheter des CD-ROM. Bon élément, la Société Italienne a déjà envoyé un appareil au groupe croate. On s’étonne tout de même que personne à l’IPA n’ait eu l’idée de numériser la Standart Edition et de la faire parvenir aux groupes de l’est. Dans ses premières versions, la page de l’IPA est surtout un annuaire des sites des différentes associations psychanalytiques. Le site croît rapidement et une nouvelle mise en page est donnée dès Janvier 1999.
Le fond bleu vert d’origine, orné du logo de l’IPA, est remplacé par un fond bleu rythmé par de grands rectangles jaunes, roses et verts. Les rubriques restent inchangées : congrès et conférences, la newsletter de l’IPA ; l’organisation de l’IPA. Par contre, on y trouve maintenant un forum où les discussions se font principalement en anglais -- il y a quelques messages en portugais. Il s’agit principalement de demandes d’informations émanant d’étudiants : ici sur les représentation de l’inconscient par les surréalistes, là des précisions sur l’origine de l’idée de Dieu ou encore une réalisateur australien qui vient faire connaître son film. En 2000, le site prend une toute autre ampleur. La mise en page est à la fois plus sobre et plus précise : un fond blanc, une barre de navigation bleue en haut permet d’accéder aux rubriques (« News » ; « Scientific » ; « Clinical » « Education ») ainsi qu’à une partie réservée aux membres de l’IPA. En exergue, des liens conduisent, entre autres, à l’histoire de la Société psychanalytique de Vienne ou de l’ /Australian Psychoanalytical Society/ , au calendrier de différentes conférences où à l’appel à contribution pour le 42ieme Congrès International de Psychanalyse qui se tiendra à Nice en 2002. L’ensemble donne une impression à la fois dense et fouilli .
Enfin, dans la rubrique « Liens », on trouve, dans une mer de sites appartenant à la famille IPA, l’îlot lacanien du site de Michel Sauval, psiconet.com. En 2003, l’IPA confie la réalisation de son site à une société, Fisher Technologie PLC[12] <#_ftn12. Le site donne alors d’emblée à voir le polyglottisme de l’IPA en proposant un choix de langues (anglais, français, allemand, espagnol). Le coté fouillis disparaît et les rubriques se présentent dans un bel ordonnancement. La partie « communauté » est enrichie : chaque membre de l’IPA peut envoyer des messages privés, via le site, à un autre membre, gérer ses inscriptions aux listes de diffusion du site et forums de discussion, suivre ses sondages, ajouter une photo à son profil etc. Les rubriques sont regroupées : « /news and events/ », « /clinical and scientific/ » et l’IPA prend maintenant le temps de présenter l’histoire de sa fondation dans un article, en passant sous silence les Grandes Controverses où les scissions des institutions psychanalytiques françaises
En juin 1998, G. LOMBARD met en ligne une première version du site du Quatrième groupe. Le principe en avait été accepté à l’Assemblée Générale du 7 mars 1998 par un vote à main levée qui avait recueilli 32 oui, 2 non et 3 abstentions (32 votants). L’argumentation de G. LOMBARD était qu’il existait sur Internet[13] <#_ftn13 et qu’il valait mieux mettre en circulation des textes choisis et élaborés par le Quatrième Groupe lui-même. Jusqu’au mois de Juin, date de mise en ligne du nom de domaine quatrième-groupe.org, des discussions ont lieu sur la présentation à donner au site, ainsi qu’au texte qui en annoncera la venue. Cette période de préparation à la naissance du petit dernier du Quatrième Groupe ne doit pas masquer l’autre scène qui a présidé à sa venue. Longtemps portée seule par Geneviève LOMBARD avant d’être reconnue suffisamment bonne par ses collègues en Assemblée Générale, l’idée d’un site porte aussi les stigmates faits à un enfant mal accueilli, venu trop tôt ou trop tard, en tous cas à un moment ou il était difficile de lui faire toute la place qui lui était due. C’est ainsi que l’idée est votée après avoir examiné la question du siège social, du local du Quatrième Groupe, de la prochaine Réinstitutante, et de la publication des actes de la journée « Autisme et Métapsychologie » et il est possible que se donner ensuite un domicile sur l’Internet ait outrepassé les capacité du moment du groupe. Pour soixante dix dollars, le 4 juin 1998 Geneviève LOMBARD achète quatrieme-groupe.org pour le Quatrième Groupe. Le nom de domaine est valide pour une période de deux ans, et le site est hébergé par Host Web. De façon logique, car elle est la plus avancée sur ces questions, il lui en est confié la mise en oeuvre technique tandis que la responsabilité en est assurée par Bernard DEFRENET, en liaison avec le bulletin, et Y. GUTTIEREZ en liaison avec le bureau. Il faut préciser que ce sont là les trois seuls analystes membres, à des degrès divers, au fait de ce qui se passe sur Internet[14] <#_ftn14. Le site est référencé par /La psychanalyse/, ce qui lui vaut d’emblée un bon trafic. déjà des textes sur le Quatrième Groupe
Il faut préciser qu’il s’agit là des trois personnes au faIl faut ajouter à cela qu’en 1998, peu d’analyses membres du Quatrième groupe étaient au contact avec l’Internet. A titre d’indication, on se peut rapporter au Bulletin du primptemps 1998 : sur les 25 membres analyste, seuls trois (Bernard DEFRENET, Yvonne GUTIERREZ et Genevieve LOMBARD) donnent une adresse email.
A la même période, Geneviève LOMBARD se voit conseiller par un ami de mettre en ligne son propre site. Ce sera inconscient.net qui verra le jour peu de temps après quatrieme-groupe.org dont la mise en ligne se fait en juin. Inconscient.net a d’abord existé sous la forme d’un hébergement chez Mygale [15] <#_ftn15 à l’adresse http://www.mygale.org/03/icsweb avant d’être basculé sur les serveurs de Host Web
Inconscient.net s’ouvre sur une citation d’Au-delà du principe du plaisir. On y croise en image un Eros et le bas-relief de la Gradiva. Il est vrai que l’écriture de G. LOMBARD, à la fois légère et dense, trace les questions essentielles que l’Internet et ses usages pose à la psychanalyse et que l’on ne peut qu’être tenté de la suivre : la question liaison / déliaison, la « virtualisation » à l’oeuvre dans la cure analytique bordée par le cadre, celle du temps presque suspendu de l’Internet : « /Comment penser le virtuel dans la communication-cyber, dès lors que son illimitation, sa dé-terriorialisation , sa dé-corporéification, ne sont plus contenus dans aucun « cadre » vraiment repérables par des paramètres précis ?/ » demande-t-elle ? C’est-à-dire qu’elle disjoint la question du virtuel et de l’Internet et qu’elle repère bien quelques unes des composantes fortes de l’Internet. C’est, à ma connaissance, la première a avoir mis au travail de façon féconde les questions posées par l’Internet. Son travail s’axe sur deux grands principes : une interrogation du dedans, c’est-à-dire à partir d’une pratique de l’Internet, et une connaissance des outils à la psychanalyse en les interrogeant du dedans, c’est-à-dire à partir d’une pratique et d’une connaissance des outils utilisés. Ainsi, les premiers articles tournent autour de l’usage des newsgroups (groupes de discussion) et du mail et à coté de la signature de G. LOMBARD, on trouve celles de J. TROCCAZ, B. DEFRENET. Les articles sont scrupuleusement datés, ce qui leur donne à la fois une patine et une prise qui permet de mieux suivre l’évolution de la pensée de l’auteur et de parer aux prétentions de toute éternité que l’on trouve sur tant de sites.
Jalil BENNANI, psychiatre et psychanalyste à Rabat, crée en novembre 1998 le site Convergences psy. Il y présente un aperçu bref mais précieux de l’histoire de la psychanalyse au Maghreb, différentes associations « psy » marocaines, une bibliographie succincte sur « Psychanalyse et Islam ». Le site comporte un forum. A la même période, Psychonet met en ligne des textes, photos, vidéos et liens concernant Jacques LACAN.
En Janvier, la revue Le Coq-héron propose en ligne la quasi-totalité des sommaires de son catalogue depuis la date de sa création en 1999, soit quelques 160 numéros. Le site est hébergé par multimania.com et il faudra attendre Avril 2001 pour que le site soit accessible via le nom de domaine coqheron.com. Malheureusement, le site fermera en juin 2002, et le nom de domaine est aujourd’hui libre.
Sous l’impulsion d’Alain de MIJOLLA, l’Association Internationale de la Psychanalyse s’implante sur le net. Familier de l’informatique personnelle depuis 1981, il crée le site en utilisant le logiciel Frontpage et le met a jour régulièrement. Trois ans plus tard, il demandera à Jean-Luc THERON de la société Amalgeste d’en revoir la charte graphique.
En 1999, Stéphane BARBERY achète barbery.net, et Laurent Le VAGUERESE fait basculer le serveur minitel 36-15 OEDIPE sur le web avec comme nom de domaine oedipe.org La première version du site est construite avec l’aide de Stéphane BARBERY qui ouvrira son site, barbery.net en octobre 2000. Stéphane BARBERY considère le net comme un moyen de diffusion, et il construit peu à peu un site plein de poésie. A coté des jeux de l’oulipo, on trouve des mails échangés avec différentes personnes où il se montre redoutable contradicteur ou encore des constructions théorico-cliniques. Laurent Le VAGUERESE publiera en Juin 1999, en collaboration avec Carole MENAHEM un « Surfez avec Freud » qui présente les différents sites dédiés à la psychanalyse et les différents outils pour y accéder. Clair, didactique, précis, le livre donne une vue aussi exhaustive que possible de la situation de la psychanalyse sur Internet et a demandé plus d’une année de recherche. La psychanalyse n’était pas étrangère à Carole MENAHEM puisque dans le cadre de ses études, elle a effectué des recherches documentaires à la bibliothèque Sigmund Freud et a participé à la mise en place de la base de donnée Alexandrie. De 2000 à 2002, elle collaborera au développement de la rubrique liens du site www.oedipe.org
C’est sous son acronyme anglais et avec la précision : « on line » que l’on trouve l’Association Mondiale de Pyschanalyse, pendant lacanien de l’IPA fondée par Freud en 1910. En février 1999, le nom de domaine wapol.org (pour World Association of Pyschoanalysis On Line) est acheté [16] <#_ftn16. Dans ses premières versions, le site est anglophone. On peut y télécharger quelques photos de Freud et de Lacan, des dessins d’Escher, et bien entendu des graphes, des schémas, des tores et des noeuds borroméens. L’orientation lacanienne y est décrite, et il est possible de s’abonner à plusieurs listes de diffusion. Les liens vers les différents sites des Ecoles de l’AMP sont donnés avec des noms de domaines qui sont depuis tombés en désuétude, comme amp-ecf.org. Fin 2000, une bannière « en travaux » annonce une mise a jour prochaine. Le site est à nouveau mis en ligne en mars 2001, sans changements importants. En décembre 2003, nouvelle annonce : « On est en train de mettre à jour le site web » et en 2004 le site est livré dans l’habillage qui est encore le sien. L’ambition mondiale se donne maintenant à lire : le site est accessible en plusieurs langues : français, espagnol, portugais italien, et anglais et permet d’explorer la galaxie d’associations lacaniennes. On y retrouve une rapide présentation de « la série des écoles » : Ecole de la Cause Freudienne bien sûr, mais aussi L’École Européenne de Psychanalyse avec ses sections espagnoles, italienne et anglaise ; les argentins de l’Ecole de l’Orientation lacanienne, l’Ecole brésilienne de psychanalyse et la Nouvelle Ecole lacanienne (Pérou, Équateur, Venezuela, Cuba, Colombie et Miami). Il est possible de s’inscrire à la liste de diffusion de l’AMP ou à celles des écoles de l’AMP (9 en tout) Le fameux « Je fonde... » de Lacan est donné dans les Textes institutionnels tandis qu’un annuaire recense les 1235 membres de l’AMP. La passe y est abordée, ainsi que la garantie que les Ecoles peuvent offrir quant à la formation des analystes
Pour l’institution psychanalytique historique française, l’année 1999 s’annonce résolument /online. /Le 31 décembre 1998, elle se donne pour adresse spp-asso.fr Dans ses premières versions, la page d’accueil s’ouvre sur une photo de Freud en haut à droite, et l’accès au site se fait par un clic sur le logo de la SPP placé au centre de la page. C’est un dispositif qui est alors assez utilisé sur le web : la page d’accueil mime alors une porte d’entrée et ce n’est qu’en cliquant sur un lien que l’on « entre » dans le site lui-même, perçu alors comme l’intérieur d’une maison. Ce logo -- la silhouette d’un sphinx ailé est répété dans le site comme point de départ de différentes rubriques [17] <#_ftn17 ; la répétition du motif permet d’asseoir l’identité graphique de la page et de la SPP dont le nom est inscrit a droite et séparé des différentes rubrique par un arc de cercle. La SPP est alors comme un soleil d’où rayonnent différentes rubriques. Dans « Questions sur la psychanalyse (introduction) sont présentées à la fois la cure classique et ses extensions : le groupe, et la psychanalyse des enfants. L’actualité (Août 1999) renvoie à une déclaration de la société psychanalytique de Vienne et à un texte de Jean Cournut sur «
La psychanalyse dans le champ des psychothérapie », en écho au débat sur le titre de psychothérapeute qui émerge alors en France. Le site sera ensuite réécrit en 2001 par Jean-Luc THERON[18] <#_ftn18 de la société Amalgeste ; Il est également concepteur de la charte graphique de du site le carnet/PSY qu’il réorganise en 2000 ainsi que celui de la l’AIHP (2001)Le 7 octobre, le nom de domaine carnetpsy.com est acheté
En Avril, François MOREL, psychanalyste, met en ligne un site : la cause des filets.
Le 16 Novembre, Jean-Noël RADULESCO crée la liste Psychanalyse l’hébergeur de listes de diffusion egroupes.com. Egroupes.com sera ensuite racheté par Yahoo ! et la liste psychanalyse migrera sans dommages vers ce nouvel hébergeur.
Fin 1999 -- début 2000, Liliane FAINSILBER crée un site qu’elle appelle Le goût de la psychanalyse. De l’Internet, elle apprécie la liberté et la possibilité qui lui est ainsi offerte de faire connaître ses livres [19] <#_ftn19 en dehors des circuits institutionnels. Le site a une fréquentation tout a fait honorable pour un site personnelle et les visiteurs prennent souvent le temps de lui donner leurs avis sur les livres où les textes qui sont publiés sur le site. La fréquentation des espaces de discussion sur Internet l’amènera à écrire « Lettres à Nathanaël » (publié en Novembre 2005) en s’appuyant sur les questions et thèmes abordés sur différentes listes de diffusion et forums. Elle est également une des rares a avoir pu faire d’une liste de diffusion un espace de travail, un /carnet/ comme cela a été inventé sur la lacan-list
Au tout début de l’année 2000, après une discussion difficile, un forum dédié à la psychologie est créé sur USENET grace a la gestion pleine de tact qu’a pu faire Stéphane FAURE de ses différents Appels à Discussion. Fr.sci.psychologie a pour objet les discussions sur la psychologie mais très rapidement il n’est question que de psychanalyse. Une certaine mise en forme est tentée sur le groupe même, mais il s’avère assez rapidement qu’aucune discussion constructive n’est possible. Une partie du forum s’isole sur une liste de diffusion faq-psychologie créé sur Yahoo ! afin de pouvoir construire une première Foire aux Questions. Elle sera postée le 2 septembre et parmi les questions traitées : qu’est ce qu’un psychanalyste ? Au moment de décider de qui sera signé le document, je propose « un groupe de participant au forum » et c’est sous cette signature qu’elle circule encore.
C’est sur un compte gratuit hébergé chez free.fr que l’on retrouve le cercle freudien en 2001. La plus vieille archive accessible date de Janvier 2001 et le site n’a pas beaucoup bougé depuis. Sur fond gris ardoise , le cercle freudien se présente d’une façon tout à fait classique. Il faut dire que la réalisation en HTML « pur » ne permet pas la sophistication et la souplesse apportée par le php. On trouve sur le site une histoire du cercle freudien (jusqu’en 1995), les statuts de l’association, les différentes publications (les bulletin du cercle, les cahiers du cercle et Che voï) et les activités du groupe (séminaires, groupes de contrôle, les mercredi du cercle
Le passage au Web coûte à l’ELP le terme de psychanalyse lorsque le nom de domaine est acheté en Janvier 2001. Le site est organisé autour de deux colonnes ; au dessus d’elles, dans un bandeau, le nom « Ecole lacanienne de psychanalyse » ondule doucement. La colonne droite affiche le contenu du menu qui se trouve dans la colonne de gauche : L’école ; Actualités ; Publications ; Enseignement ; Section de Clinique ; Bibliothèque ; Tcqvatvsslpsjold ; Recherche. La présentation de l’Ecole Lacanienne de Psychanalyse est faite par Guy le Gaufey : il rappelle la création de l’ELP à partir de la dissolution de l’Ecole Freudienne de Paris et du désir de quelques uns de créer « un lieu de transmission qui fût une /école/ (aucun doute sur ce point) /lacanienne/ (c’était un fait, pourquoi le cacher ?) et /de psychanalyse/ (là-dessus, les avis devaient plus tard se partager quelque peu). » Il donne aussi la raison du bilinguisme du site : lors de sa création et 1985, des membres de l’ELP vivaient en Amérique Latine et en 2001 sur les 147 membres de l’association, 77 vivent sur le continent Sud américain. La présentation de l’Ecole donne lieu a une revue des différentes associations en lien avec l’ELP (EPEL ; EPEELE, EPEELP, artef/a/cto, toutes trois hispanophones). Mais la principale innovation de ecole-lacanienne.net vient de cette rubrique étrange : Tcqvatvsslpsjold : Tout Ce Que Vous Avez Voulu Savoir Sur La Psychanalyse Sans Jamais Oser Le Demander pointe vers deux forums : forum « Questions en vrac » ou sont attendues des questions dur la psychanalyse, sur l’ELP et « possiblement bien d’autres choses ». On y parle anglais, français ou castillan ; et un « Forum thématique » ou sont discutés les articles publiés sur le site
En mars 2001, le nom de domaine etatsgeneraux-psychanalyse.net est acheté et deux mois plus tard, le site est mis en ligne. Il reprend les textes des différentes interventions des *E*tats *G*énéraux de la *P*sychanalyse qui a eu lieu à Paris du 8 au 11 juillet 2000 à Paris suite à l’appel de René MAJOR (1997) et tente de maintenir le mouvement de travail qui s’était opéré. En 2000, les EGP avaient utilisé un dispositif inédit. L’annonce en avait été faite sur le un site web www.psychanalyse.refer.org
Le site hébergera également la pétition dite du « Front du refus » lancée par René MAJOR contre l’amendement Accoyer. En mai 2001, les députés avaient entendu les principales institutions psychanalytiques car il était question de légiférer autour de la profession de psychothérapeute. Les députés se sont entendus dire que la psychanalyse n’était pas concernée par ces questions de psychothérapie et si certaines s’avançaient en disant la prudence requise par une législation dans ce domaine, la plupart s’en lavait les mains. La psychanalyse a alors été rejetée par les députés dans le champ de la psychiatrie, ce qui a amené ces premiers a réagir vivement. Depuis, du rapport de la commission Clery-Melin au rapport de l’INSERM montrant une plus grande efficacité des thérapies cognitivo-comportementales, la situation est des plus vives mais les analystes semblent s’être souvenu que leur pratique est une pratique de soin. Le forum du site OEdipe a pu voir quelques les ténors de la psychanalyse briser quelques lances avec ceux des TCC, principalement Jean COTTRAUX
Au Forum des psy, en novembre 2003, Jacques Alain MILLER lance un manifeste pour que l’amendement Accoyer ne soit pas voté au Sénat en Janvier 2004 et que le Ministère de la Santé renonce à appliquer les préconisations du rapport Cléry-Melin. A la demande du Ministre de la Santé, l’INSERM retire de son site le rapport, ce qui ajoute encore à la confusion.
A l’été 2000, Jacques SIBONI continue l’aventure de la liste de diffusion Freud-Lacan sur le web en achetant le nom de domaine lutecium.org. La liste Freud-Lacan avait été crée autour de l’année 1997 et un an plus tard elle regroupe déjà une trentaine de nationalités. La liste est bilingue à la fois dans sa forme : on y parle anglais et français, et dans son contenu : il s’agit de Freud et de Lacan, avec tout ce que cela implique comme articulations possible. L’idée de son propriétaire était à la fois d’aider les non-francophones à mieux comprendre Lacan, et de promouvoir la langue française sur le net. Ce second point est important : beaucoup d’acteurs de l’époque ont créé des espaces de discussion en français afin de faire contrepoint a ce qui était perçu, à tord ou à raison, comme une hégémonie de la langue anglaise sur l’Internet. Dans un premier temps, le robot de la liste est hébergé par l’université de Grenoble tandis que les archives sont les archives de la liste sont hébergées parle Comité Réseau des Université (francopholiste) sur le site de l’université de Rennes 1. Lutecium se fera surtout connaître par le travail patient de Jacques SIBONI sur les séminaires de Jacques LACAN : il numérise les séminaires dont il possède en propre des enregistrements audio et les met en téléchargement sur son site. Au final, grâce au soutien de l’Ecole lacanienne de psychanalyse, ce seront 10 années de séminaire de LACAN qui seront numérisées par Sibony et mises à la disposition du plus grand nombre. Au texte du Séminaire établit par Jacques-Alain MILLER, il devient possible de superposer la voix de LACAN, de se perdre avec lui dans ses digressions, d’entendre les ruptures, les hésitations, le théâtralisme, la fatigue, parfois, le désespoir feint, l’apostrophe, l’habitude... Cette version sonore permet de mettre en vis-à-vis le la transcription textuelle qu’en donne Jacques-Alain MILLER « redressée, mot à mot -- le déchet ne se montant pas à trois pages » et appelée à valoir « pour l’original, qui n’existe pas »[20] <#_ftn20 avec une version ou le corps et la lettre se mêlent intimement.
Le 2 décembre 2001, dans ce contexte troublé, je poste une nouvelle FAQ sur fr.sci.psychologie qui présente les psychothérapies en les regroupant en quatre familles : les thérapies centrées sur le symptôme, les thérapies cognitivo-comportementales, les thérapies centrées sur l’organisations conflictuelle sous-jacente et les thérapies centrées sur l’organisations familiale ou sociale. Elle est également signée « un groupe d’utilisateur de fr.sci.psychologie » et sera également postée sur fr.sci.psychanalyse lorsque ce groupe sera créé le 28 octobre 2002 suite à un Appel à Discussion de Patrick BRUANT. En Novembre 2003, j’écrirai une nouvelle Foire Aux Questions : « La consultation psychologique de l’enfant » pour les groupes fr.sci.psychologie et fr.sci.psychanalyse qui donne une liste des lieux ou l’on peut consulter, la manière dont la consultation se passe habituellement, et les troubles qui peuvent alarmer.
L’association Analyse Freudienne se dote d’un site en février 2002 et dans ses premiers versions, la page d’accueil s’ouvre sur un choix entre le français et l’espagnol. Le choix d’un « tout textuel » donne au site une certaine austérité qui est encore relevée par l’habillage noir, gris et blanc. Le site présente surtout l’association : l’acte de fondation du 24 février 1992 y est accessible, de même que les statuts et la composition du bureau. Un lien permet d’accéder à un annuaire, mais en Mars 2005 cette possibilité ne sera toujours pas implémentée. Dans ses versions les plus récentes, le lien a été supprimé.
Le nom de domaine a été acheté en septembre 2002 et le site est mis en ligne dans la foulée. Le pas léger de la Gradiva conduit au menu : Institution ; Stages et Formation ; Enseignements ; Journées, Conférences et Colloques ; Enfance en jeu ; Membres, Courier ; Comment nous contacter et Email. On le voit, le site est avant tout informatif : il s’agit de présenter l’Espace Analytique et ses spécificités : le travail avec les enfants et l’accueil et la formation de stagiaire. Il est en effet possible, via le site, de prendre contact avec quelqu’un de l’association pour effectuer un stage sous la supervision d’un membre de l’Espace Analytique : Bonneuil, et La Borde, bien sur, qui sont des lieux historiques de la psychanalyse en France, mais aussi d’autres lieux comme la Pitié Salpétrière au service de Service de Stomatologie et Chirurgie maxillo-faciale ou au CMPP de Saint Mandé. En octobre 2004, un nouveau nom de domaine -- espaceanalytique.org -- est acheté parce que suite à des problèmes avec l’hébergeur, le nom de domaine précédent pointe sur des pages pornographiques. Ce qui fait dire au webmestre actuel, Prado de Oliveira, que « pendant quelques jours, Espace analytique a été la seule institution psychanalytique qui s’occupait sérieusement de questions de sexe. »
C’est en octobre 2002 que l’Ecole de la cause freudienne acquiert le nom de domaine causefreudienne.net. Le site propose d’abord un choix entre deux langues : l’anglais ou le français, puis s’ouvre sur deux colonnes. A droite, le menu (Découvrir l’école ; l’orientation lacanienne ; Evénements ; Livres et revues ; Liens) et à gauche le contenu correspondant à la navigation. Sur la page d’accueil, la marge gauche d’un court texte de présentation de l’ECF semble s’appuyer sur une image retravaillée de Lacan, et dont on ne sait trop si elle émerge du fond blanc ou si elle y retroune. La présentation de l’ECF est reprise de façon plus détaillée dans le lien « Découvrir l’Ecole ». « L’orientation lacanienne » donne le point de vue de l’ECF, et plus précisément de Jacques-Alain MILLER, puisque c’était la le titre de son cours au Département de Psychanalyse de l’Université Paris VIII. Une place est alors faite à « la psychanalyse appliquée à la thérapeutique », ce qui, pour les lacaniens, est une manière de révolution. Un espace est réservé aux différentes revues lacaniennes (La Cause freudienne, Ornicar ? Quarto, La lettre mensuelle) avec un lien vers une boutique en ligne (ecf-echoppe.com) et quelques conférences sont mises en ligne. Les liens sont limités au monde lacanien : l’AMP, les Ecoles, l’ALP, l’Ecole Une
L’année 2003 voit un changement sur la liste psychanalyse : Jean-Pierre EDBERG est nommé d’office modérateur par J.-N. RADULESCO. Il faut dire qu’un membre du groupe, outome, trolle allégrement la liste. Il était déjà connu sur les deux précédentes lacan-list qu’il avait également mis à mal. Il met rapidement le feu sur la liste psychanalyse et le nouveau modérateur passe beaucoup de temps à trier et filtrer les différentes identités d’outcome. En Avril, il est nommé propriétaire de la liste, toujours sans l’avoir demandé. En fonction des états de la liste, il y aura d’ailleurs plusieurs propriétaires et la charge de la modération sera confiée a des membres du groupe, qu’ils le demandent ou pas -- le geste du fondateur étant là purement et simplement répété.
En Juillet 2003, l’APF acquiert le nom de domaine associationpsychanalytiquedefrance.org. Le site s’ouvre sur une image de la place Dauphine, siège de l’association, avec un discret rayon de soleil qui perce les frondaisons et balaye la place de droite à gauche La facture du site est très classique : une barre de navigation, en haut permet d’accéder aux rubriques (Présentation ; Histoire ; Documents ; Formation ; Liste des membres) L’histoire de l’APF est présentée par Jean-Louis Lang, qui réactualise ainsi l’entrée qu’il avait écrite pour le Dictionnaire international de la psychanalyse tandis que la partie Formation reprend un article de Michel Gribinski publié dans le Bulletin de la FEP [21] <#_ftn21
En 2004, Yann DIENER met en ligne La lettre lacanienne. Le site est d’abord hébergé par free.fr puis sous le nom de domaine la-lettre-lacanienne.net à partir de la fin du mois de Mai. La lettre lacanienne fait remonter sa filliation à la dissolution de l’Association « Qu’est-ce qu’une école pour la psychanalyse ? » en 2000, après trois années d’existence et son remplacement en 2000 d’une « Association pour une école de la psychanalyse » (A.P.E.P.) avant de devenir en 2003, suite à son rapprochement avec l’ « Ecole de psychanalyse Sigmund Freud » (E.P.S.F.),« la lettre lacanienne, une école de la psychanalyse»
En Mars 2004, Laurent SAUERWEIN crée l’association (A)LPHA -- Association pour la laïcité de la psychanalyse et la dote d’un site internet : alpha-psychanalyse.org. Le site en est à sa troisième version et la mise en page est de Laurent SAUERWEIN. Il est un moment hébergé par forum-psychananlyse.net mis en ligne en septembre 2004. Le projet de Laurent SAUERWEIN pour ce site est de publier des textes sur la psychanalyse et l’art. Un mémoire de recherche de DEA de Armelle GAYDON, réalisé sous la direction de M. Gérard WAJEMAN (Paris VIII) ouvre les publications
Les cartels constituants de l’analyse freudienne arrivent sur le web en avril 2004 avec comme nom de domaine cartel-constituants.fr. Le site est réalisé par une société, idealcoms.net qui livrera le site fin 2004 -- début 2005. Le site présente surtout les CCAF. Une barre de navigation, en haut, donne accès a plusieurs rubriques (Accueil ; Les CCAF ; Le courrier ; La passe ; Les dispositifs ; Colloques ; Bibliothèque ; IAEP ; Convergia ; Liens), chacune d’entre elle. Les membres des CCAF ont un compte privé à partir duquel il peuvent lire en ligne le bulletin de la revue. ). Le site a été a l’origine livré avec un forum issu de l’open source (PhpBB) et sous licence GPL [22] <#_ftn22, mais cette possibilité n’a jamais été utilisée.
C’est sous son acronyme anglais et avec la précision : « on line » que l’on trouve l’Association Mondiale de Pyschanalyse, pendant lacanien de l’IPA fondée par Freud en 1910. En février 1999, le nom de domaine wapol.org (pour World Association of Pyschoanalysis On Line) est acheté [23] <#_ftn23. Dans ses premières versions, le site est anglophone. On peut y télécharger quelques photos de Freud et de Lacan, des dessins d’Escher, et bien entendu des graphes, des schémas, des tores et des noeuds borroméens. L’orientation lacanienne y est décrite, et il est possible de s’abonner à plusieurs listes de diffusion. Les liens vers les différents sites des Ecoles de l’AMP sont donnés avec des noms de domaines qui sont depuis tombés en désuétude, comme amp-ecf.org. Fin 2000, une bannière « en travaux » annonce une mise a jour prochaine. Le site est à nouveau mis en ligne en mars 2001, sans changements importants. En décembre 2003, nouvelle annonce : « On est en train de mettre à jour le site web » et en 2004 le site est livré dans l’habillage qui est encore le sien. L’ambition mondiale se donne maintenant à lire : le site est accessible en plusieurs langues : français, espagnol, portugais italien, et anglais et permet d’explorer la galaxie d’associations lacaniennes. On y retrouve une rapide présentation de « la série des écoles » : Ecole de la Cause Freudienne bien sûr, mais aussi L’École Européenne de Psychanalyse avec ses sections espagnoles, italienne et anglaise ; les argentins de l’Ecole de l’Orientation lacanienne, l’Ecole brésilienne de psychanalyse et la Nouvelle Ecole lacanienne (Pérou, Équateur, Venezuela, Cuba, Colombie et Miami). Il est possible de s’inscrire à la liste de diffusion de l’AMP ou à celles des écoles de l’AMP (9 en tout) Le fameux « Je fonde... » de Lacan est donné dans les Textes institutionnels tandis qu’un annuaire recense les 1235 membres de l’AMP. La passe y est abordée, ainsi que la garantie que les Ecoles peuvent offrir quant à la formation des analystes
La Fédération des ateliers de psychanalyse achète son nom de domaine en octobre 2004 : federation-ateliers-psychanalyse.org est l’adresse sous laquelle on la trouvera sur le web. Une portée sur laquelle est jetée quelques notes est la l’entrée du site. Au-delà, l’organisation est classique : un menu, à gauche, sur fond de portrait de Freud, et le contenu, à droite. Sur le menu : Présentation ; Boite à outils ; Ateliers ; Séminaires ; Epistolettre ; Nouvelles des villages voisins ; contacts et liens. Il s’agit avant tout d’une présentation de la Fédération des ateliers de psychanalyse. Après un historique succinct, les modalités de travail à la FAP y sont présentées. Le lien « Epistolettre » conduit au sommaire du bulletin de la FAP. Mais le plus important est sans doute les « Nouvelles des villages voisins » qui ouvre sur le travail d’autres psychanalystes venant d’autres institutions : [...] C’est la quelque chose de tout à fait inédit : des 21 institutions recensées ici, la Fédération des Ateliers de Psychanalyse est la seule a faire trace en son sein de ce que d’autres produisent ailleurs.
C’’est en décembre 2004 que l’Ecole de psychanalyse Sigmund Freud investit le web avec le nom de domaine epsf.fr. Dans un bandeau, Lacan à gauche et Freud à droite bornent le nom « Ecole de psychanalyse Sigmund Freud » De là, on accède à un premier menu à partir duquel l’histoire et les stratus de l’Ecole sont donnés (« A propos de l’école ») tandis que les publications ouvrent sur les premières et quatrième de couverture de Scripta et les sommaires des Carnets de l’EPSF. Dans les liens, la famille lacanienne : l’ALI, le Cercle freudien, l’Ecole lacanienne de psychanalyse, OEdipe, La lettre lacanienne Analyse freudienne et Espace analytique
A la fin de cette même année, sur USENET, le groupe fr.soc.psychotherapies que j’avais proposé ne passe l’épreuve du vote.
Champlacanienfrance.net est acheté en septembre 2005 pour l’Ecole de psychanalyse des forums du champ lacanien. La conception et la réalisation du site sont confiées à la société tektonika.com à partir du CMS open-source SPIP (Licence GPL). Le site est conçu comme « un outil d’information » sur les activités et les positions de l’EPFCL. Elle s’y présente dans le lien « l’Ecole »qui permet de s’informer sur les cartels, la passe, les enseignements, l’histoire, les statuts les événements ... de l’EPFCL. Une rubrique est réservée aux nombreuses publications de l’EPFCL. On y trouve la première de couverture, l’argument et le sommaire de chaque. Enfin, une rubrique « Formations clinique » donne le programme des informations sur les « Collèges cliniques » et les « Stages » avec des liens pour qui souhaiterait s’y inscrire.
En Juin 2005, la société Darjeelink dote le site du Quatrième Groupe d’un blog interne, Agora, conçu comme un espace d’échanges sur les questions institutionnelles et les travaux en cours. L’accès en est restreint, aux membres. Agora complète le blog du Comité du Site en place depuis Avril 2005
C’est en novembre 2005 qu’est acheté le nom de domaine spf.asso.fr. La réalisation du site est confiée à la société Epistema qui livre un site a base de son CMS Reaxia.
La toute nouvelle Société Psychanalytique de Recherche et de Formation met en ligne le nom de domaine sprf.asso.fr
Yann Le Roux
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